Je me suis pas bouffé cinquante heures de conduite à soixante balles la séance à me faire gueuler dessus par un moniteur alcoolique et pédagogue comme un légionnaire, qui passait son temps à éructer son »code de la route » en fumant clopes sur clopes : « L’angle mort ! », « Contrôle les clignotants ! », « Attention, la priorité ! ».
Notions totalement inutiles à ma conduite urbaine d’aujourd’hui, soyons clairs.
Tout ça entre deux coups de fil à son ex-femme et ses soliloques de philosophe de PMU sur le déclin societal, dont je me battais littéralement les couilles du haut de mon anarcho-nihilisme post-adolescent.
ET TOUT ÇA POUR QUOI ?
Pour que des vieux, des handicapés, des fils de pute et des sales pauvres aient le droit, EUX, de polluer les routes avec des tas de tôle informes et tout aussi mortels que ma Twingo à crédit.
Ça, je le tolère pas. S’ils pouvaient au moins être discrets, ces sacs à merde… Bah même pas! Ils se traînent devant toi, à trente à l’heure dans leur tondeuse à gazon avec des portes, et ils s’en branlent TOTAL.
Mais le vrai point de rupture, c’est que si un jour, IMAGINONS : dans un élan de justice pure et totalement justifié, tu te permets de leur griller la priorité avec un petit bras d’honneur pour leur rappeler qui commande sur la route — parce que oui, y’a une hiérarchie —, là direct, Jocelyne la grosse connasse fonctionnaire de mairie, elle sort de sa sieste.
POUET !
Oh putain, ce klaxon c’est l’insulte de trop. C’est le point de non-retour…Et moi qui suis banlieusard, je peux me targuer de parler couramment le mongolien, je peux te traduire ce « POUET ! » sans problème : « Je suis un cas social, je t’emmerde, la route est à moi et je fais ce que je veux en toute impunité. »
Mais moi, j’entends pas un klaxon. J’entends un cor de chasse. Un coup de clairon.
C’EST LA GUERRE.
À vos pare-buffles, à vos pleins phares et queues de poissons sans sommations.
NO PASARÁN !
Parce qu’à ce rythme, demain ces enculés vont demander à rouler en trottinette sur l’autoroute.
