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  • LES CHARIOTTES DU DIABLE

    On a passé un cap niveau turfu là, c’est quand la purge?

    Pas plus tard que l’autre jour, je sors de chez moi, la tête pleine de pulsions génocidaires, prêt à bouffer le sandwich à la merde qui me sert de travail,

    je traverse la route pour prendre ma caisse quand un suppositoire en plastoc piloté par un jean-chicha à sacoche me coupe la route à quatre-vingts à l’heure.

    J’allais pas lui courir après : j’ai 40 piges et en plus j’avais pas mon flingue sur moi.

    Par contre le Enzo tasty crousty avec son coupe vent The North Face, t’inquiète : je suis physionomiste et le jour où tu me doubleras par la droite sur le boulevard avec ta merde, l’œil vitreux fixé sur ton TikTok de mongolien avec zéro casque et zéro idée du goût d’un trottoir, si par malheur c’est un lundi matin, tu auras droit à une double fracture pédagogique du bassin option vis en titane.

    Mais en plus c’est que c’est à nous de faire attention à eux, LOL: la street c’est pas Montessori.

    HEY, on n’a pas assez de charge mentale, nous les quadras urbains, franchement ?

  • UBER À L’AISE

    Un mercredi pluvieux sans maman à la maison et avec des gosses chiants ?

    En bon père indigne, ça fait un bout de temps que j’ai établi pléthore de stratégies hyper efficaces pour qu’ils ferment leurs gueules rapidement.

    Ils ne savent pas quoi faire ? On mate un film. 
    Ils ont faim ? On mate un film. 
    J’ai faim ? On mate un film.

    On mate un film et c’est l’heure de bouffer ? Ok, mais la règle est simple : pas de poisson, pas de légumes, pas de salade, surtout pas de légumes, pas de poisson, pas de recettes, pas de casseroles, pas de four, pas de plats.

    Bah en fait… pas de cuisine du tout, ça fait trop de charge mentale et c’est pas pratique du tout quand on mate un film.

    — « Vous voulez manger quoi ? » 

    — « Des pizzas ! » 

    — « Ah ouais, vous êtes sûrs ? »                                                                                    

    (Je déconne, j’en étais sûr.)

    J’ouvre l’application Uber Eats, qui, au passage, n’est pas QUE pratique, elle permet aussi de faire bosser un peu les pauvres. Il est à peine 13 h et ma bonne action de la journée est déjà accomplie. C’est bon, on peut regarder « Cannibal Holocaust ».

    Du coup, je prends trois pizzas……
    Bon, bah c’est quand même 60 € la bonne action. Génial.

    C’est clairement la dernière fois que je fais un truc de gauche.

    Comme si ça suffisait pas que les kebabiers blanchisseurs d’argent vendent leurs sandwichs de dinde surgelée à la sauce sida pour 8 euros, NON ! On est en 2026 et aujourd’hui, trois pizzas c’est le prix d’une pute propre.

    Autant dire que je vais zapper le supplément truffe noire et que y’a intérêt que la livreuse soit pourvue d’énormes nichons.

    CHOU BLANC.

    La livreuse s’appelle Youssef et sur la photo, pas l’ombre d’un nichon.

    Mais pour ce prix-là j’ai quand même l’immense privilège de pouvoir surveiller mon esclave ET mon repas parcourir en direct les 100 mètres qui séparent la pizzeria de chez moi.

    Bon, je suis focus sur le GPS et ça fait bien dix minutes que Youssef bouge pas d’un poil de cul, alors y’a intérêt que ce soit un accident grave parce qu’il est hors de question que je donne mes thunes à un mec feignant et à coup sûr, sans papiers (surtout pour trois pizzas que j’aurais pu aller chercher moi-même).

    Douze minutes… Ça y est, Youssef est en mouvement, mais il a clairement l’air de vouloir marcher à côté de son vélo.

    Je sais pas combien les mecs se prennent par course, mais lui il est franchement pas pressé de devenir riche en plus de se foutre totalement de l’hypoglycémie de mes gosses.

    — « On mange quand ? » 

    — « Quand Youssef arrive. » 

    — « Le Youssef de l’école ? Le grand en CM1? » 

    — « Euh, pardon ? Il est comment ce Youssef ? » 

    — « Bah il est tout le temps en retard… même en vélo. »

    TIENS TIENS TIENS, BEN, VOYONS !

    C’est ce qu’on va voir !

    Quinze minutes… DING DONG !

    Il va m’entendre le terroriste.

    — « Ouais, c’est pour quoi ? »

    — « Bonjour, c’est pour les pizzas. »

    — « On dit bonjour MONSIEUR. »

    — « Bonjour monsieur, c’est pour les pizzas. »

    — « T’es pas au centre de loisirs, Youssef ? »

    — « C’est pour les euh…les pizzas ,monsieur. »

    — « File-moi ton carnet Youssef, t’es en retard. »

    — « Monsieur… je suis juste là pour les pizzas. »

    — « Allez, pose-moi ça là, c’est bon. Tu penses un peu à ton avenir ou ça te passe au-dessus, Youssef ? Tu veux finir livreur, c’est ça ? »

    Et voilà, il sait plus quoi dire… Évidemment, il est DÉJÀ livreur.

    Pour soixante euros, j’allais quand même pas le laisser partir sans une bonne leçon de morale, PARCE QU’ELLE EST LÀ, ma bonne action de la journée.

    — « Papa, on a faim ! » 

    — « Vos gueules ! » 

    — « En plus il fait peur le film. » 

    — « Vous savez qu’en Ukraine, les enfants ils regardent pas de films ? Vous savez ce qu’ils regardent les enfants en Ukraine ? HEIN ? Bah ils regardent leurs parents qui sont morts ! »

    Bon, trêve de pédagogie, j’ai la dalle, j’ouvre le sac, je sors les boîtes et… PUTAIN DE MERDE ! Il a transporté les pizzas à la verticale ce trisomique. Je veux bien être patient et magnanime mais j’ai quand même des limites et il n’y a pas de Montessori de pédé quand il s’agit de ramener les jeunes à sacoches dans le droit chemin. LÀ, C’EST FINITO, je switch immédiatement en mode « Pascal le grand frère ».

    Je fous mes charentaises et je file illico presto à la pizzeria :

    — « Salam Aleykoum, il est où le livreur Uber là ? Le fameux Youssef ? À la chicha je suppose ? » 

    — « Bonjour monsieur, il vient de partir avec les pompiers, en rentrant de sa course, au rond-point juste là, le bus ne s’est pas arrêté et… Tout le monde est sous le choc. » 

    — « Eh bien, cher Monsieur, vous direz à ce p’tit loustic que c’est pas parce qu’on est handicapé que la vie s’arrête… et qu’en fauteuil roulant, on va même plus vite qu’à vélo en plus de pouvoir transporter les pizzas à l’horizontale. » 

    — « Monsieur… Youssef est… décédé. » 

    — « AH, ZUT ! »

    Je rentre à la maison, un peu déboussolé.          

    Ça me prend une bonne heure pour trouver comment faire, mais j’arrive tant bien que mal à ouvrir un litige sur cette application de merde.
    Attends, c’est bon, j’ai pigé le truc : c’est parti pour trois litiges.

    Dans l’ordre : 
    • retard inacceptable (preuve à l’appui) ; 
    • pizzas froides et complètement défoncées à leur arrivée (photos à l’appui) ; 
    • livreur agressif et menaçant (prénom à l’appui).

    Parce que mort d’homme ou pas, c’est une question de principe : 60 balles, c’est 60 balles et franchement, c’est quand même cher payé pour un repas nutriscore F, un traumatisme (les enfants n’ont pas du tout aimé Cannibal Holocaust ), sans compter la perte d’un camarade d’école.

    La prochaine fois, c’est Deliveroo.

  • BABYLONE

    L’Appropriation culturelle…
    Je saisis pas trop le concept mais rien que l’association de ces deux mots, ça sonne déjà comme un croche-patte.                                     

    Si j’en crois Konbini, c’est hyper grave. 

    Allons immédiatement à la source : Twitter.

    Bon bah les gars, déjà c’est pas une source, c’est un geyser, un geyser à mongoliens, à mongoliens méchants, méchants MAIS pédagogues, parce qu’ils t’expliquent la vie et gratos, en plus.
                                                                                    

    Le saviez-vous ? Se faire des tresses pour ressembler à Rihanna quand tu t’appelles Corinne bah c’est un crime de guerre de magnitude 666 sur l’échelle de Nuremberg et apparemment ça se situe à la frontière du racisme systémique et du néocolonialisme. BOOM.
    Hey l’an 2000… depuis quand c’est plus drôle de faire un blackface pour Halloween ? Spoiler alert: ne le faites pas.
    Bismillah, on est en France et je sais de source sûre que pour les rastas blancs du Finistère, justement (accrochez-vous) y’a une méga prescription: ils se sont battus pour avoir le droit d’être « reggae men » et ils ont gagné. Merci surtout à Jack Lang pour la fameuse loi sinsemilia/tryo de 1999 dont la jurisprudence rayonne aujourd’hui partout en France périphérique et permet à cette jeunesse qui sent bon le cendrier et la 8.6, d’adopter (sans jugement acerbe et rétrograde) un mode de vie, certes primitif mais surtout permettant au mieux se départir de tout confort superflu.                                                      

    RESPECT.
                                                                                 

    Alors ok, de prime abord, c’est vrai qu’on pourrait penser (à juste titre) à une crise identitaire de fils de flic et remettre en question le lien pas super évident entre Seine-et-Marne et Jamaïque, mais NON : les gars c’est des résistants, des pirates ! Le capitalisme, le travail, le progrès ? NO WAY ! Pour eux c’est devenu carrément irrespirable.

    c’est le contraire avec le cannabis, évidemment.                                                

    Mais avant de leur molarder à la barbichette leurs valeurs à géométrie variable, peut-être qu’il va falloir commencer à réfléchir sur le pourquoi du comment que la France elle fabrique des schizophrènes et que tous les fils de bourges enfantent soit de fils de pute, soit de fils de bourges. (En plus je crois vraiment que je préfère les Jean Eudes en Ralph Lauren avec la raie graisseuse, ne serait-ce que pour l’odeur ET un peu le bruit ).                               

    Le prochain article sera un peu plus style fac de socio, genre Bourdieu ( c’est pas vrai du tout )

    Là où le Jah blesse (t’as la réf ?) :                            
                                                                                     

    La dichotomie éblouissante de jouir du RSA et de fustiger le système en refusant de se brosser les dents qui sont, au passage : ultra jaunes fluos à cause des clopes roulées…..Et vas-y que j’suis carencé en B12 comme un pygmée et que je fais du tam-tam en forêt en effritant mon shit au pneu sur un CD de La Rue Ketanou …..

    Il va quand même nous coûter putain de cher ton cancer à 37 ans, benjam’ ! Et attention, la CHIMIO c’est méga Babylone.

    Donc vas-y « salademan » l’enfant de Gaïa, si ton pays c’est la planète, fonce dreads baissées : sac à dos, sandales, 3 slops et un décapsuleur, c’est Nickel : pas besoin de savon, pas besoin de smartphone, pas besoin de carte vitale et au revoir les biens matériels, MAIS par contre maintenant tu rends l’argent, le CHEGUEVAWISH ! Tu peux prendre tes verrues, ton encens a la merde et ta salopette en toile de jute arc en ciel.                           

    NOUS on va tranquillement garder la science, les bagnoles pas électriques, le vaccin contre la polio, l’eau qui sort du robinet et les chiottes où ont chie pas dans des copeaux. Surtout va bien au bout de la démarche : jongle et crache du feu (n’hésite pas à boire le pétrole) déteste tes parents de droite qui mangent de la viande, les gens qui bossent et qui font des enfants (que t’auras pas j’espère #darwin), les flics et le shampooing : vis ta vie de résistant qui mange des aubergines qui poussent avec du caca.                                        

    En plus t’es en sécurité ! Tu crains rien Jean Moulin : même quand ce sera la guerre, personne viendra te bouffer : tu pues la merde.

  • AIXAM

    Je me suis pas bouffé cinquante heures de conduite à soixante balles la séance à me faire gueuler dessus par un moniteur alcoolique et pédagogue comme un légionnaire, qui passait son temps à éructer son  »code de la route » en fumant clopes sur clopes : « L’angle mort ! », « Contrôle les clignotants ! », « Attention, la priorité ! ».

    Notions totalement inutiles à ma conduite urbaine d’aujourd’hui, soyons clairs.

    Tout ça entre deux coups de fil à son ex-femme et ses soliloques de philosophe de PMU sur le déclin societal, dont je me battais littéralement les couilles du haut de mon anarcho-nihilisme post-adolescent.

    ET TOUT ÇA POUR QUOI ?

    Pour que des vieux, des handicapés, des fils de pute et des sales pauvres aient le droit, EUX, de polluer les routes avec des tas de tôle informes et tout aussi mortels que ma Twingo à crédit.

    Ça, je le tolère pas. S’ils pouvaient au moins être discrets, ces sacs à merde… Bah même pas! Ils se traînent devant toi, à trente à l’heure dans leur tondeuse à gazon avec des portes, et ils s’en branlent TOTAL.

    Mais le vrai point de rupture, c’est que si un jour, IMAGINONS : dans un élan de justice pure et totalement justifié, tu te permets de leur griller la priorité avec un petit bras d’honneur pour leur rappeler qui commande sur la route — parce que oui, y’a une hiérarchie —, là direct, Jocelyne la grosse connasse fonctionnaire de mairie, elle sort de sa sieste.

    POUET !

    Oh putain, ce klaxon c’est l’insulte de trop. C’est le point de non-retour…Et moi qui suis banlieusard, je peux me targuer de parler couramment le mongolien, je peux te traduire ce « POUET ! » sans problème : « Je suis un cas social, je t’emmerde, la route est à moi et je fais ce que je veux en toute impunité. »

    Mais moi, j’entends pas un klaxon. J’entends un cor de chasse. Un coup de clairon.        

    C’EST LA GUERRE.

    À vos pare-buffles, à vos pleins phares et queues de poissons sans sommations.          

    NO PASARÁN !

    Parce qu’à ce rythme, demain ces enculés vont demander à rouler en trottinette sur l’autoroute.